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SALLE 205

La décennie des années soixante a été une des plus tumultueuses du XXe siècle dans le domaine de la culture et de la politique. Les États-Unis sont devenus une société industrialisée prête pour l’arrivée de l’époque des technologies de l’information. La croissance économique notable surgie à la fin de la Seconde Guerre mondiale et pendant la Guerre froide des années cinquante amène une culture de la consommation d’une vigueur renouvelée. Certains artistes arrivés sur la scène artistique au tout début des années soixante, et notamment à New York ou Los Angeles, répondent à cette nouvelle période commerciale. L’Art Pop est souvent considéré comme un phénomène essentiellement américain ; cependant, des artistes et des théoriciens britanniques sont les premiers à débattre et formuler les principes fondamentaux du Pop à la fin des années cinquante. Le terme pop, appliqué également à la musique et à la mode, englobe tout un mode de vie chez les jeunes des années soixante et parvient à devenir un important phénomène sociologique qui devait modifier totalement le cours du siècle.

Dans l’Art Pop, l’épique est remplacée par le quotidien, et on accorde la même importance à ce qui est produit en masse qu’à l’objet unique ; la distance entre « le grand art » et « l’art populaire » est réduite avec efficacité. Des illustrations froides, distantes et mécaniques d’objets ordinaires — souvent des appropriations de publicités et de panneaux publicitaires, de bandes dessinées, de la presse people, du cinéma, de la télévision ou des emballages de produits de consommation — illustrent les œuvres d’artistes comme Roy Lichtenstein, James Rosenquist et Andy Warhol. Leurs images, présentées (et parfois transformées) avec humour, esprit et ironie, peuvent être interprétées comme un hommage à la culture populaire, mais également comme une critique.